4.1. La responsabilisation des gens de terrain

Après avoir parcouru le descriptif de tout ce qui est mis en place administrativement pour la pêche et les pêcheurs, vous vous en doutez, de nombreux pratiquants sont bien plus enclins à devenir bénévoles auprès de leur association locale de pêche, leur fishery (1) , le club du coin...

C'est une sorte de prêté pour un rendu qui me semble un peu plus logique en Angleterre (2) que chez nous. Je ne retire en rien le mérite des bénévoles de notre pays qui se démènent pour que notre situation s'améliore. Mais ayant intégré un club en tant que secrétaire et donc indirectement une fédération, je peux vous assurer que vu le peu de moyen et de soutien que ces fédérations (wallonnes, entendons-nous bien, je ne peux juger de la Flandre mais il me semble que les différents contacts que je peux avoir avec les pêcheurs flamands me donnent l'impression que les moyens sont mieux « répartis » au Nord, dirons-nous.) reçoivent, l'avenir de la pêche est aussi gris que notre météo estivale cette année.

Le bénévolat a été, est et reste le rôle le plus répandu, et de loin, des différents acteurs de la pêche et rien n'entame leur motivation. Je serais moi aussi prêt à payer plus cher ma cotisation annuelle pour recevoir plus et de meilleure qualité. On ne parle pas d'un lecteur mp3 bon marché qu'on remplacera dans les deux ans par un autre tout aussi bon marché. On parle d'une passion de toute une vie, ou en tous cas de longue durée, qui nécessite des moyens financiers somme toute onéreux ainsi qu'une implication assez importante au niveau du temps presté : matériel, montages, entretien, déplacements, bateau, remorque, carburant, esches, farines, leurres...

Au total, un pêcheur anglais adulte (à partir de 17 ans) devra débourser au moins 27£ pour pêcher des poissons blancs (Eaux douces publiques comme chez nous) et fisheries qui ne font ni payer par jour ni par abonnement annuel.

Il pourra aussi s'adjoindre les services juridiques et de défense de l'environnement halieutique (AT) pour la somme de 10£ jusqu'à 21 ans et 25£ à partir de 22 ans (ou 400£ pour un abonnement à vie, gratuit de 17 à 18 ans)

Évidemment, tout cela n'est possible que grâce au nerf de la guerre et les budgets annuels pour la pêche sont colossaux.

Pour l'année 2013, au 03/07/2013, 27 000 000 d'euros ont été collectés (par la vente des permis) pour la gestion de la pêche, pour le Royaume-Uni sans le Pays de Galles et uniquement pour la pêche en eau douce.

C'est un budget supplémentaire en plus de la prise en charge des salaires et matériaux pour le métier des agents techniques qui gèrent la surveillance des pêcheries, l'amélioration de l'habitat, le sauvetage des poissons et d'autres travaux généraux.

 

(1) Une fishery pourrait se traduire par une pêcherie. Mais chez nous, les pêcheries sont souvent synonymes d'étangs à truite. En Angleterre, c'est un plan d'eau optimisé pour la pêche quel que soit le poisson blanc recherché. Il existe même des fisheries dédiées aux carnassiers, silures et anguilles compris.

(2) Au niveau de la pêche, je ne connais les autres pays que par les magazines mais j'aurais tendance à englober la France aussi dans cette logique.